YORUBA
Le milieu du 19eme siècle vit l`arrivée a cuba de nombreux yoruba, emmenés de force vers la Havane et Matanzas. Les yorubas sont originaires du sud ouest du Nigeria, de l`ancien Dahomey et du Togo. Ils possédaient l`une des plus brillantes civilisations du continent africain. Leurs descendants sont connus a Cuba sous le nom de Lucumis, selon les éthymologies, un akumi, désigne un natif de la région yoruba d`Aku, de l`ancienne cite d`ulukumi, ou encore d`oluku mi, salutation signifiant < mon ami >. Durant l`époque coloniale, la religion yoruba engendra, au contact du catholisime, un culte appele "Regla de Osha" ou plus couramment "Santeria" dans lequel certaines divinités originelles ont été assimilées à des saint chrétiens. Le panthéon yoruba comporte des centaines de dieux appelés orishas dont des mythes relatent les passions et les exploits. Comme les dieux de l`olympe en Grèce, les dieux afro-cubains ont des distinctions particulières. Chacun possède ses attributs, ses herbes, son jour de la semaine, ses couleurs, ses rythmes, ses prières, ses danses et ses chants attitrés. Chaque fils ou fille d`un orishas bénéficie de sa protection et porte un collier de petites perles de couleurs lui correspondant. L`orishas auquel l`adepte se vouera n`est pas choisi par celui-ci mais est déterminé par la consultation d`oracles. Communiquant de préférence par le biais de la transe, ils transmettent messages et bienfaits aux adeptes possédés. Les yorubas croient aussi à la présence d`un esprit individuel qui représente un ancêtre.
Olorun ou Olodumare, dieu suprême, est responsable de la création du monde, et les orishas ou santos servent d`intermédiaire entre l`homme et lui. Parmi eux Elegua, dieu des carrefours et des chemins, qui ouvre les voies aux hommes et correspond à el Nino de Atocha, Saint Antoine de Padoue ou Anima Sola; Babalu Aye, Dieu guérisseur, qui correspond a Saint Lazare, au Dasoyi arara, au Coallande congo et au Yerbe ganga et madingue; Yemaya, déesse de la maternité et de la mer,assimilée a la virgen de la regla;
Chango, dieu des tambours, de la foudre et de la virilité, qui correspond à sainte barbe, au hebioso arara, au Siete Rayos congo et au Mamba madingue; Oshun ou ochun, orisha des rivières et de l`amour, correspondant à la vierge de la caridad del cobre, patronne métisse de cuba; les Ibeyi (Taebo et Kainde), jumeaux mythiques des religions yoruba et arara correspondant à Saint Come et Saint Damien; Ogun, dieu du fer, qui correspond a Saint Pierre; Obatala, roi des orishas et dieu de la paix, qui correspond à la vierge de las Mercedes; Osun, messager d`obatala, divinité guerrière associé à Saint Joseph ou Saint Ramon; Inle, dieu des pêcheurs, doué aussi de pouvoirs de guérison, qui correspond à Saint Raphael; Orula, dieu des divinations, assimilé à Saint francois; Obba, épouse de Chango, symbolisant la fidélité conjugale et assimilée à Sainte Rita; Odudua, ancêtre des yorubas, assimilé à Saint Manuel. Les adeptes possèdent chez eux des autels avec l`effigie de leurs orishas, des coupelles contenant des otanes ( pierres de formes et de couleurs diverses symbolisant les orishas) et d`autres objets rituels, et ils déposent à ces autels des offrandes de nourriture. D`ailleurs, les cérémonies servent aux adeptes à communiquer avec leurs orishas.
La musique instrumentale, les chants et la danse ont pour objet d`invoquer, d`honorer les dieux et de solliciter leur aide en favorisant la possession. On joue du tambour, on chante, on danse aussi pour les remercier d`avoir exaucé un voeu, afin de guérir une maladie, pour les funerailles, pour les esprits des morts et lors de certaines processions catholiques. Les tambours les plus fréquents sont les Bata, dont il existe deux sortes : les Bata aberikula utilisés dans des contextes profanes, et les Bata ana, sacrés qui rappellent un objet symbolisant le principe divin. Très sonores, ils appartiennent à Chango. Bimembranophones et en forme de sablier, ils sont en bois de cèdre ou d`acajou avec des membranes en peau de chevreau ou de cerf. Tenus horizontalement sur les genoux, ils sont frappés avec les mains. La membrane la plus grosse est désignée sous le nom d`enu (bouche), la plus petite sous le nom de chacha. Ils consistent par ordre décroissant en iya (mère en yoruba), qui dirige les rythmes, itotele (le père) qui converse avec l`iya, et l'onkonkolo (le fils). Chacune de des membranes de l'Iya porte une ceinture de grelots (chaworo et chawori) ajoutant une vibration supplémentaire. L`ensemble des trois Bata produits six tons de hauteurs différentes, mais les diverses techniques de frappes permettent d`obtenir certaines nuances. De plus, la fabrication de ces instruments, obéit à des critères précis, exige des rituels accompagnes de cantiques et d`offrandes spéciales. Chants et les danses de la santeria évoque l`existence riches en péripéties des orishas et ce sous formes de contes, de mythes. Les danses, expressives, varies et codifiées, évoquent la personnalité des orishas. Celles de Yemaya, par exemple, imitent le mouvement des vagues, celles de Chango sont vigoureuses et viriles, celles de Babalu aye caractérise par des mouvements d`épaules. Dans celles d`Elegua, plaisantin du panthéon, les danseurs sautillent sur un pied et pointent dans diverses direction avec l`index. La plupart de ces danses comportent des ondulations partant du dos et se transmettent au torse, aux bras... Les danseurs, portant des costumes et des attributs différents pour chaque orisha, évoluent devant les tambours. Ils suivent les rythmes de l`iya avec toutes ces variations et s`expriment de facon indépendante, sauf dans quelques danses telles que l`aro de yemaya ou certaines consacrées à obatala, comportant des figures collectives.
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